5.17 RT – Canon Law, Roman and Byzantine Law: The Evolution of Penalties for Offenses and Crimes within the Family

La christianisation de la société romaine, du cadre juridique de la famille en particulier, est un phénomène lent et progressif. La politique impériale du IVe siècle, le concile In Trullo au VIIe siècle et les débats sur la définition du mariage byzantin au Xe siècle sont autant d’étapes marquant la christianisation progressive du droit romain. Elles témoignent aussi de l’accroissement du rôle de l’Église comme institution régulant le cadre familial et matrimonial byzantin, fondé à la fois sur des constantes romaines et des innovations byzantines. Nous proposons d’étudier ces mutations juridiques de la famille à travers des infractions qui peuvent être commises en son sein (adultère, crimes sexuels, avortement et infanticide, abandon et vente d’enfants) et l’évolution de leur pénalisation. Il s’agira à la fois de s’intéresser aux peines en elle-même, au sens qui leur est donné, à leur évolution le cas échéant, mais également à ceux qui les décident et les infligent. Réfléchir à Byzance au-delà de Byzance nous incite à replacer l’empire sur le temps long et à nous intéresser aux continuités du droit romain et du droit canon tout au long du Moyen Âge, au sein du monde byzantin et chez ses voisins. En mobilisant le droit canon, les compilations juridiques byzantines (Code Théodosien, Code Justinien, Basiliques, Hexabiblos) et les commentaires des juristes antiques et médiévaux, nous avons l’objectif d’étudier la manière dont les textes juridiques du passé permettent de justifier des solutions nouvelles ou de réprimer des pratiques contemporaines. Comment le passé participe-t-il à la création d’un cadre juridique et institutionnel dans les affaires pénales familiales ?