6.16 RT – Régner au–delà des frontières: l'impérialité à l'époque paléologue (XIIIe–XVe siècle)

La période dite des Paléologues, du nom de la dynastie qui règne à Constantinople entre 1261 et 1453, est marquée par une extrême fragmentation politique de l’espace autrefois contrôlé par l’Empire byzantin. De nombreuses principautés se consolident dans les Balkans, en Asie Mineure et en mer Égée dès la fin du XIIe siècle. Elles ne reconnaissent plus la souveraineté de Constantinople en matière politique et relèvent même parfois d’une autre autorité religieuse. Cet affaiblissement du rôle central de l’ancienne capitale byzantine est une caractéristique majeure de la période paléologue et explique en bonne partie la capacité des Ottomans à conquérir ce territoire à partir du XIVe siècle. Ce phénomène coexiste néanmoins avec une certaine unité idéologique et culturelle fondée sur l’héritage byzantin commun. Ce maintien d’une communauté de valeurs et de croyances accordait à Constantinople un rôle prééminent, du moins du point de vue symbolique, comme l’ont souligné les historiens qui ont qualifié cet espace de Commonwealth byzantin. L’objectif de cette table-ronde est de revenir sur ces liens fonctionnels de Constantinople avec les États situés au-delà des frontières de l’État byzantin et plus précisément sur la nature de ces liens, dont l’existence doit s’expliquer par le maintien du cadre impérial, en dépit des fractures politiques. Le choix du terme « impérialité » vise à refléter cette tension entre unité impériale et diversité politique. Il peut permettre d’expliquer la survivance de l’idéologie impériale constantinopolitaine dans la construction politique des différents pouvoirs de la région à partir du XIIIe siècle, ainsi que la capacité de l’État byzantin à demeurer la source de la pensée politique et le modèle de référence, malgré les profondes crises de la période.