3.15 RT – Les érudits européens et Byzance au XVIIe–XVIIIe siècles

En 2001, en parallèle du XXe congrès international des Études byzantines à Paris, une exposition de livres, de dessins, de gravures, s’est tenu à la chapelle de la Sorbonne, témoignant de l’intérêt des érudits et des voyageurs français pour l’Empire romain d’Orient du XVIe au XVIIIe siècle. Intitulée « Byzance retrouvée », elle soulignait combien l’évolution des études byzantines a accompagné les mutations politiques, culturelles et sociales du royaume de France. Depuis cette entreprise, de nombreux travaux ont étendu ces questionnements à d’autres espaces ; ils ont redéfini l’héritage de Byzance en Europe et décrit l’histoire de la byzantinologie à l’époque moderne. L’objet de cette table ronde est de reprendre ces questionnements en les renouvelant et en les déplaçant sur plusieurs points. Le premier touche à la chronologie puisqu’il s’agit de réfléchir à un moment charnière dans l’histoire de Byzance après Byzance -la première moitié du XVIIe siècle-, un moment le plus souvent occulté et resté dans l’ombre de la prestigieuse et majestueuse entreprise de publication de sources narratives byzantines sous les presses de l’imprimerie royale du Louvre à partir de 1648. Quel fut l’apport de ces érudits « pré byzantinistes » dans la redécouverte de Byzance ? Ensuite, il s’agira de renouveler la discussion sur les quatre phases de la byzantinologie exposées par Georges Ostrogorsky en reprenant les oppositions XVIe/ XVIIe siècles et XVIIe/ XVIIIe siècles afin d’envisager des filiations entre ces périodes. Enfin, le dernier déplacement invite à s’intéresser aux discours des acteurs. Au-delà des productions érudites, cette table ronde analysera les mots liés à cette érudition et aux raisons de l’intérêt des lettrés pour un Empire romain d’Orient qui n’existe plus, afin de cerner avec le plus de justesse possible l’idée de Byzance à cette époque au-delà de l’antiquarisme et de la collection de manuscrits grecs.