Une princesse byzantine à la cour du roi Louis: La «Byzantine du Louvre» et la réception d’Anne Comnène au XVIIe siècle

Une princesse byzantine à la cour du roi Louis: La «Byzantine du Louvre» et la réception d’Anne Comnène au XVIIe siècle

Teresa ShawcrossHS 21

Cette communication retrace l’essor des études byzantines en France au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle. Elle examine le cas exemplaire de la réception de l’Alexiade d’Anne Comnène, en reconstituant l’histoire de son édition et de sa publication, tout en analysant l’intérêt qu’elle suscita à l’époque tant chez les érudits classiques qu’à la cour de Louis XIV et auprès d’un public plus large. En 1649, le jésuite français Pierre Poussines publia la première édition complète de l’Alexiade en grec (avec traduction latine, notes critiques et glossaire). Cette editio princeps fut intégrée aux vingt-huit volumes de la « Byzantine du Louvre ». Établie à partir de manuscrits des collections Barberini et Médicis en Italie, l’édition s’appuyait également sur les travaux précurseurs de Wolf et de son élève Hoeschel. En 1661, Poussines fit paraître, toujours dans le cadre de la Byzantine du Louvre, la première édition de l’histoire rédigée par l’époux d’Anne, Nicéphore Bryenne. En 1670, Charles du Cange publia un commentaire approfondi de l’Alexiade en supplément à son édition de l’Histoire de Jean Kinnamos. Fait exceptionnel, le manuscrit autographe de ce commentaire a été conservé. Cette survivance nous offre un précieux témoignage sur les méthodes de travail de l’un des grands pionniers des études byzantines. Enfin, en 1685, la première traduction de l’Alexiade en langue vernaculaire – une version française libre réalisée par Louis Cousin – fut imprimée. Cette traduction s’inscrit dans un mouvement de vulgarisation, dont on retrouve les résonances dans le théâtre de l’époque (Athénaïs, 1642, Jean Mairet), (Héraclius, 1647, Pierre Corneille, (Andronic, 1685, Jean Galbert de Campistron).

Wed 10:15 am - 11:45 am